Perruque et lutte de classe :
Chantiers navals de Gijon (Asturies-Espagne).
Au cours du mois de mai 2009, à Gijón (dans les Asturies), les ouvriers des chantiers navals ont résisté contre la fermeture du site programmé pour la fin du mois. Retranchés depuis plusieurs jours sur leur lieu de travail, ils ont tenté, le mercredi 20 mai 2009, une sortie pour manifester vers le centre ville. La police anti-émeute les en a empêché en bloquant systématiquement toutes les sorties du chantier naval et en pénétrant, par la suite, sur leur site.
Pour se défendrent contre les assaillants, les ouvriers et chaudronniers ont construit en plusieurs exemplaires des petites guérites de protection en tôles fixées sur des roulettes. Ces petites guérites mobiles (environ 2 mètres de hauteur, tôle épaisse, soudée par points au chalumeau, fermée sur trois côtés, avec toits protecteurs et meurtrières frontales et latérales) leur permettaient ainsi de se porter à bonne distance pour tirer des projectiles et repousser les galets de lacrymogènes sur les forces répressives. Ils ont utilisé également « des tubes d’un diamètre de 50 mm et d’une longueur d’un mètre cinquante pour envoyer des fusées d’artifice “de jardin” de petits calibres (20 à 25) sur les gardes civils espagnols. On peut observer sur les vidéos une ouverture, une “lumière” bricolée pour permettre la mise à feu » (R. Kosmann, Perruque et Bricolage ouvrier, 2009). Ces affrontements se sont déroulés toute la journée. Les salariés ont riposté à l’aide de frondes, lance-pierre, lances à incendie, cocktails molotov, boulons… et ont aussi utilisé des grues depuis lesquelles ils ont manœuvré des containers en feu sur les forces de police.
Les salariés revendiquaient la reprise de l’effectif par la PYMAR, entreprise d’Etat qui dépend du ministère de l’Industrie et qui gère actuellement les chantiers navals.
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